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ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES ET LÉGISLATIVES - 21 FÉVRIER 2016


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Discours du Président Issoufou à la Manifestation du FDD du 14 Juin 2009

Nous voici tous réunis, militants et sympathisants des partis politiques et organisations de la Société Civile, membres du Front pour la Défense de la Démocratie (FDD), dans cette gigantesque manifestation, afin de défendre nos acquis démocratiques et nos libertés civiles et politiques. En effet, le Président de la République, ignorant le glorieux passé de luttes du peuple Nigérien, a entrepris avec une rage particulièrement féroce, de démanteler l’édifice démocratique construit avec nos sueurs, nos larmes et notre sang.

Quelques rappels historiques nous semblent nécessaires pour rafraîchir la mémoire de tous :

- 1991 : Grandes manifestations conduites par le mouvement syndical, alors avant – garde de notre peuple, ayant abouti à la proclamation du multipartisme, à la Conférence Nationale Souveraine, à l’Etat de droit et à la Démocratie ;

- Mai 1991 : Lutte des femmes pour leur émancipation,

- 1996 : Hold-up électoral et création par conséquent du Front pour la Restauration et la Défense de la Démocratie (FRDD) et de l’Alliance des Forces Démocratiques et Sociales (AFDS), avant-garde à cette époque des luttes du peuple nigérien pour la restauration de ses acquis démocratiques. Comme on le voit nos luttes, c’est-à-dire celles de notre peuple ont été faites de flux et de reflux, nos conquêtes démocratiques ont toujours été sans cesse menacées, mais nous avons toujours vaincu, parce que notre cause est celle du peuple. Aujourd’hui aussi, nous vaincrons Incha Allah parce que nous défendons les aspirations du peuple. Cette fois encore, de nouveaux assauts conduits par le Président de la République sont menés contre nos acquis démocratiques.

Quelles sont donc les intentions du chef de l’Etat ?

1- Abattre la Constitution du 9 août 1999 dont il feint de découvrir subitement l’inadaptation, à la fin de son deuxième et dernier mandat ;
2- Imposer par la force une nouvelle Constitution qui a pour caractéristique unique dans l’histoire et dans le monde, de le consacrer Président omniscient et omnipotent pendant une période de transition de 3 ans, sans passer par des élections pluralistes.
3- Accessoirement, cette Constitution sera de nature présidentielle.

Les arguments à l’appui de son projet ont été développés par Mr Tandja en personne sur FRI, en Haussa. Ils sont les suivants :

1- D’abord, le peuple nigérien serait soit le plus bête du monde, soit le plus intelligent du monde, pour s’être doté d’un régime semi-présidentiel. Comme il pense que le peuple nigérien est le plus bête du monde, il serait seul à avoir une Constitution semi-présidentielle. Nous lui répondons que la plupart des Etats Francophones d’Afrique ont des Constitutions consacrant des régimes semi-présidentiels. Au demeurant, le passage d’un régime semi-présidentiel à un régime présidentiel ne nécessite pas la confection d’une nouvelle Constitution, celle actuellement en vigueur permettant sans problème sa révision dans ce sens. Il convient en plus de noter qu’il n’existe pas de part le monde de Constitution sans verrou.

2- Ensuite, et c’est là l’essentiel de sa pensée, il annonce et je cite «A ba goni, a huta». Autrement dit, qu’on laisse le pouvoir pour l’éternité au génie qu’il est, et qu’on lui fasse confiance. Quelle autoglorification ! Avec lui, c’est donc la fin de l’histoire. Les thuriféraires ajoutent qu’avant lui, rien de bon ne fut fait dans ce pays, qu’il n’existe pas de nigérien digne du fauteuil présidentiel, aujourd’hui et demain. Ce mépris hautin et indécent pour ses prédécesseurs et pour l’ensemble des nigériens, ainsi que l’affairisme débridé de ses proches comme en témoigne par exemple le blocage de la Commission d’enquête Parlementaire sur les titres miniers, sont les seuls vrais mobiles de son coup d’Etat démocratique. Eh bien ! Les nigériens ne sont pas plus bêtes que les autres peuples du monde.

C’est pourquoi, l’essentiel des forces démocratiques, partis politiques, syndicats et associations, au sein ou en dehors du FDD, se soulèvent pour rejeter ce projet anti-démocratique. Déjà, à la demande d’un groupe de députés, la Cour Constitutionnelle, seule autorisée à interpréter la Constitution, a déclaré à travers un avis, anti-constitutionnel le projet du Président, en disant notamment que l’article 49 ne saurait servir de fondement à un référendum pour un changement de Constitution. Elle dit aussi, qu’en poursuivant son entreprise, le Président violerait son serment coranique en l’occurrence.

Qui alors peut désormais faire confiance à un homme de 71 ans, qui a juré deux fois sur le Saint Coran, devant Dieu et devant le peuple nigérien, de protéger la Constitution, et qui décide sans hésitation de violer son serment ? En effet, en dépit de la clarté de l’avis de la Cour Constitutionnelle, le Président de la République avait décidé de passer outre en convoquant le corps électoral pour le référendum, le 4 août 2009. L’Assemblée Nationale, se refusant à jouer le rôle de chambre d’enregistrement, s’apprêtait à rejeter ce projet de référendum, quand elle fut dissoute. Le 12 juin 2009 la Cour Constitutionnelle, suite au recours introduit par quatre partis membres du FDD a décidé d’annuler le décret portant convocation du référendum du 4 août 2009, relativement à l’adoption d’une nouvelle Constitution.

Ce faisant la Cour Constitutionnelle est devenue le refuge où les valeurs démocratiques ont trouvé asile. Ses membres sont devenus ces sentinelles, gardiennes des vertus et des valeurs qui doivent irriguer toute société bien constituée. C’est le lieu ici de leur rendre vibrant hommage : incorruptibles dans un monde où la vénalité est reine, courageux au moment où la lâcheté fait courber l’échine des uns, dignes au moment où le déshonneur enveloppe les autres, ils sont le modèle qui doit servir de référence aux générations présentes et futures. Leur avis et leurs arrêts les hissent à la hauteur qu’exigent d’eux les circonstances. Jadis, la sagesse acquise par l’âge et certaines institutions traditionnelles dépositaires de nos valeurs morales, contribuaient à garantir la paix.

La justice et la cohésion sociale. Aujourd’hui, face à la tempête créée par le Président de la République, ce rôle est assuré par la Cour Constitutionnelle, devenue cette cour des Sages où ne prévaut que la règle de droit, rien que la règle de droit. Du reste, sa présidence ne nous avait-elle pas promis, à l’occasion de la présentation des voeux du nouvel an, l’organisation des élections de 2009, dans le respect de la règle de droit ? Elle et ses collègues conseillers tiennent leur promesse, ce qui d’autant plus méritoire que nous vivons dans un monde où les Femmes et les Hommes de parole sont aussi difficiles à trouver que la pierre philosophale. Après l’arrêt de la Cour Constitutionnelle, le Président de la République doit se soumettre, car cet arrêt, comme le stipule l’article 115 de la Constitution n’est susceptible d’aucun recours.

Il lie les pouvoirs publics et toutes les autorités administratives, civiles, militaires et juridictionnelles. Le Président de la République, par conséquent, doit abandonner son projet de référendum anti-constitutionnel pour organiser les élections législatives anticipées, les élections présidentielles et les élections locales dans les délais, en dotant la CENI des moyens matériels et financiers nécessaires. L’arrêt de la Cour Constitutionnelle est une grande victoire pour le peuple nigérien mais, nous ne devons pas baisser la garde. Dans la poursuite de ce combat, le Front pour la Défense de la Démocratie (FDD) , lance un appel aux autres fronts, en vue d’une unité d’action car la cause est commune. En effet, l’unité d’action donnera un écho plus grand à notre combat dans le monde entier.

Du reste, la CEDEAO, l’ONU, à travers son Secrétaire Général, le Nigeria, les USA, le Canada, la France, plusieurs organisations de part le monde notamment le BIT et la FIDH, des partis politiques, des associations et des syndicats ont condamné l’action illégale et illégitime du Président de la République. Il est vrai que le porte-parole du gouvernement, a déclaré que le Niger, je cite ; «s’en fout» et qu’il peut se passer du monde entier. Tous les nigériens, attachés à la Coopération Internationale, savent ce qu’ils doivent au reste du monde, en particulier à nos voisins de la CEDEAO. Nous saluons donc ces marques de solidarité envers notre peuple en lutte pour la sauvegarde de ses acquis démocratiques.

Il est bon de rappeler les dispositions de l’article 29 de la Constitution du 9 août 1999 qui stipule que «tout citoyen, civil ou militaire a le devoir sacré de respecter, en toutes circonstances, la Constitution et l’ordre juridique de la République». Nos camarades de Dosso pour avoir assuré ce devoir constitutionnel, ont été arrêtés et incarcérés pour certains à Birni. Nous les assurons de notre soutien et exigeons leur libération immédiate. Cette répression, qui s’abat sur les démocrates, touche toutes les libertés notamment les libertés d’expression à travers l’interdiction d’accès aux médias publics. Nous exigeons une fois de plus l’établissement de l’équité en la matière, conformément à la Constitution et aux lois de la République.

Notre lutte doit continuer jusqu’au renoncement du pouvoir exécutif à son projet de référendum et jusqu’à l’organisation des élections libres et transparentes prévues par la Constitution. Nous allons prouver encore une fois, comme par le passé, que les nigériens ne sont pas des carpettes sur les quelles on dépose ses pieds à la descente de son lit.

VIVE LA REPUBLIQUE VIVE LA DEMOCRATIE VIVE LE NIGER.

Le: 15/06/09
Condoléances pour le décès de Moumouni Djermakoye Déclaration de la Coordination pour la Sauvegarde de la Démocratie (CSD)