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ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES ET LÉGISLATIVES - 21 FÉVRIER 2016


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Déclaration de la CSD - 14 juin 2009 - France

La situation sociopolitique de notre pays est marquée depuis quelques semaines par le mouvement Tazartché. Les mutations pernicieuses de ce projet évanescent témoignent si besoin est de son caractère ubuesque et de l’impasse juridique et politique dans laquelle se trouvent ses promoteurs. En effet de la sollicitation par le chef de l’Etat d’une prolongation de trois ans au nom du peuple pour parachever les chantiers au terme de son mandat constitutionnel, il est devenu projet référendaire pour le changement de la constitution.

Derrière ce manège institutionnel, digne de la tartufferie politique se cache en réalité un seul dessein : la volonté du Président de la République de se maintenir au pouvoir en violation flagrante des dispositions de la constitution, garante du fonctionnement régulier des institutions de la République.

La constitution du 9 aout 1999 est nonobstant ses limites, le fruit d’un consensus entre la classe politique et les forces vives de la Nation face au spectre d’implosion pesant à l’époque sur l’unité nationale et la cohésion sociale, valeurs fondatrices de la République. La rhétorique de circonstance sur les insuffisances d’une constitution surannée et anachronique relève de la propagande politicienne, celle-ci ayant assuré la stabilité des institutions de la République pendant dix (10) ans. Par ailleurs, des mécanismes politiques de concertation comme le CNDP et le CR existent si tant est vrai que l’adoption d’une nouvelle Constitution était devenue nécessaire (impérative). Qui peut croire que cette démarche irrationnelle à six mois(6) de l’organisation des élections générales est étrangère à l’entreprise Tazartché ? Ce projet aux contours troubles, œuvre d’un ténébreux réseau de compères et d’arrivistes assis sur un système de rentes provenant des bakchichs liés à l’octroi des permis d’exploitation minière et pétrolière, de la captation des fonds émergeant de l’exécution des marchés publics et du « fameux programme spécial » repose sur une vaste campagne de manipulation des consciences : la pose obsessionnelle de la première pierre des chantiers dits salvateurs pour le développement du pays célébrée avec faste et tapage médiatique et l’illusion d’une “immense popularité“ due semble t’il au charisme « du bâtisseur ».

Dans la réalisation de cette comédie, godillots et conseillers miteux rivalisent d’imagination en promettant, au détour d’une phraséologie redondante sur les grands chantiers et le patriotisme chevronné du messie, un pays de cocagne au peuple nigérien s’il accepte un contrat d’une présidence à vie pour leur mentor. Les acteurs de cette entreprise sournoise qui tentent d’accréditer l’idée que le Chef de l’Etat, investi selon eux d’un pouvoir de droit divin pour régner ad vitam aeternam sur le pays, est irremplaçable, devront payer rubis sur ongles cette forfaiture. Le peuple est éternel ; de la même façon, l’œuvre d’édification nationale est atemporelle.

Du reste, ce subterfuge savamment orchestré par les thuriféraires de ce projet funeste vient d’être mis à rude épreuve par le président lui même dans son message à la Nation. En effet, il évoque la nécessité impérieuse de mener dans les années à venir des politiques efficientes en faveur de la femme et de la jeunesse qui croupit impuissante dans le désœuvrement avec un taux de chômage de l’ordre de 35% de la population active. Terrible aveu d’échec, de la part de celui qui a bénéficié de 10ans de stabilité politique et de moyens financiers conséquents pour le faire ! Par ailleurs l’éloge fait à l’armée dans ces circonstances particulières ne trompe personne. Que reste t-il donc de la crédibilité morale du chef de l’état, lié de surcroit au serment coranique, devant le non respect de sa parole, malgré son engagement solennel réitéré à maintes reprises de ne jamais trahir l’esprit et la lettre de la constitution ?

Dans leur campagne hystérique visant à magnifier les actes du prince mégalomane qui nous gouverne, les ménestrels de service parmi lesquels ce ministre réduit à faire l’apologie d’une dictature annoncée et ce syndicaliste véreux, judas des temps modernes, font étalage de leur médiocrité dans les médias en donnant une lecture somme toute tronquée et perverse de la notion du peuple. De la même façon, ils confondent de manière erratique les prérogatives dévolues par la constitution au Chef de l’Etat, en ce qui concerne l’initiative référendaire ( toute question pouvant être soumise à l’appréciation directe du peuple, à l’exception de celles relative à la modification de la loi fondamentale) et les conditions politiques, le processus d’élaboration et d’adoption d’une nouvelle constitution (situation extra constitutionnelle, assemblée constituante, ...) pourtant consacrés par une doctrine juridique avérée.

Le processus actuel, fondé sur la théorie de la personnalisation du pouvoir faite de cooptation d’hommes sans scrupule, rompus à l’art du népotisme et du clientélisme politique, rappelle à certains égards les sombres périodes des régimes fascistes.
La dissolution en catimini du parlement participe de cette logique de fuite en avant et d’usurpation du pouvoir. L’inique projet de référendum proposé qui comporte même une clause de transition de 3 ans, sans parlement nous conforte dans nos convictions que le Niger amorce un retour inéluctable à l’ère des régimes despotiques si l’on ne prend pas garde.

Le Président de la République, après avoir fait le constat amer que son artifice est inopérant pour réaliser son dessein, a par le décret portant convocation du corps électoral en vue de la tenue du référendum exécuté un pronunciamiento contre la constitution de notre pays, fondement des institutions de la République.

La Cour Constitutionnelle, à travers son avis édifiant du 25/05/2009, censé mettre fin à cette hérésie politique a rappelé opportunément au Chef de l’Etat “que l’article 49 ne peut servir de fondement à un changement de la constitution et qu’il ne saurait engager ou poursuivre le changement de la constitution sans violer son serment». La haute juridiction, gardienne de la constitution vient dans son arrêt du 12/06/09 susceptible d’aucun recours de déclarer nul et de nul effet le décret portant convocation du code électoral conformément aux dispositions constitutionnelles. L’honorable institution repousse ainsi les coups de boutoir de ceux qui ont choisi de hisser notre pays dans le pedigree des régimes autocratiques. Au demeurant cette décision pertinente qui sonne comme un camouflet pour le Président relève que le décret relatif à l’organisation du référendum constitue un « détournement de procédure et de pouvoir » en violation de la loi fondamentale.

Le Chef de l’Etat et ses affidés, dans leur croisade contre la démocratie et l’Etat de droit, sont désormais les acteurs d’un régime illégal.

Au regard de tout ce qui précède,

Nous, Représentants et militants de Partis Politiques, d’associations et de la société civile résidant en France, soucieux de sauvegarder la démocratie et l’état de droit obtenus de haute lutte, rassemblés au sein d’un collectif dénommé Coordination pour la Sauvegarde de la Démocratie (CSD).

Conscients de la dérive autoritaire du pouvoir actuel dans sa cabale d’infantilisation de notre peuple et de remise en cause du cadre démocratique et républicain, gage des Droits et libertés fondamentales,

Dénonçons avec vigueur la perpétuation de ce coup de force, source d’instabilité politique et sociale pour le Niger;

La CSD (Coordination pour la sauvegarde de la Démocratie) exprime sa profonde préoccupation devant cette situation inédite de confiscation de pouvoir, contraire à la bonne gouvernance démocratique et porteuse de périls graves pour la République
La CSD rappelle au Président de la République qu’il est lié par son serment de respecter et de faire respecter la constitution à laquelle il doit fidélité et loyauté et exige l’organisation d’élections législatives anticipées justes, démocratiques et transparentes ce, conformément aux dispositions de la loi fondamentale;

La CSD demande instamment aux Institutions africaines, notamment la Commission de l’Union Africaine(UA) et la CEDEAO de prendre les dispositions nécessaires pour préserver la paix et la stabilité dans notre pays devant les risques évidents d’escalade;

La CSD lance un appel solennel à l’Union Européenne(UE), la France notamment, à la Commission des Nations Unies en charge de la résolution des crises et conflits et aux pays amis du Niger afin qu’ils condamnent sans réserve à l’instar des USA et du Canada cette violation de la légalité républicaine, et envisagent éventuellement des mesures appropriées à l’égard du régime actuel dans son refus obstiné de respecter l’ordre constitutionnel;

La CSD invite tous les patriotes, les Partis politiques et organisations de la Société Civile timorés et attentistes à prendre leur responsabilité devant l’histoire à la lumière de l’arrêt rendu par la cour constitutionnelle. La démocratie, valeur cardinale, sans laquelle rien n’est possible, ne peut souffrir de calculs partisans et d’intérêts corporatistes;

La CSD se félicite de la création du Front pour la Défense de la Démocratie (FDD) au niveau national et se reconnait dans la lutte historique engagée, vent debout par les démocrates et républicains pour la sauvegarde des acquis démocratiques.

Parties signataires :
----> Représentant Section PNDS France
----> Représentant Section MNSD France
----> Représentant Société Civile

Vive la République
Vive la Démocratie


La CSD ( Section FFD France)

Le: 16/06/09
Discours du Président Issoufou: Manifestation du FDD - 14 Juin 2009 Déclaration du FDD - 27 Juin 2009