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DISCOURS PRONONCE PAR MAHAMADOU ISSOUFOU AU MEETING DE RENTREE POLITIQUE 2009
(ARENE DE LUTTE DE TAHOUA, 24 JANVIER 2009)


CAMARADES MEMBRES DU COMITE EXECUTIF NATIONAL,
CAMARADES DEPUTES NATIONAUX,
CAMARADE PRESIDENT DE LA CU DE TAHOUA,
CAMARADES MAIRES ET CONSEILLERS MUNICIPAUX
MESDAMES ET MESSIEURS LES REPRESENTANTS DES PARTIS
POLITIQUES,
MILITANTES ET MILITANTS DU PNDS-TARAYYA,
MESDAMES, MESDESMOISELLES ET MESSIEURS,

Le 04 Janvier dernier, nous avions fêté, à Maradi, le 18ème anniversaire de notre parti, le PNDS-TARAYYA.

Aujourd’hui, 24 Janvier 2009, nous organisons notre rentrée politique à Tahoua.
En réfléchissant sur ce que doit être le thème de mon présent discours, j’ai été tiraillé entre deux questions centrales: la question de l’éducation et celle de l’eau. Me rappelant qu’elles constituent, avec celles de l’alimentation, de la santé et du désenclavement, les préoccupations majeures des populations rurales et, à certains égards, urbaines, me rappelant aussi d’avoir traité ailleurs de l’importance de la formation des ressources humaines, je me suis résolu à traiter aujourd’hui quasi exclusivement de la question de l’eau.

En 1975 s’étaient achevés d’importants travaux d’évaluation des ressources en eau de notre pays. Ces travaux débutés pendant la période 1968-19673, caractérisée par la grave sécheresse que notre pays avait connue, avaient permis de mettre en évidence d’importantes ressources en eau souterraine et de surface. Les dirigeants de cette époque qui avaient commandé cette étude avaient conscience de la nature transversale de la question de l’eau dont la maîtrise conditionne toutes les activités humaines : industrie, agriculture et élevage, énergie, prévention sanitaire etc….Leur objectif était la maîtrise de l’eau en vue de créer les conditions de l’autosuffisance alimentaire, à travers la modernisation de l’agriculture et de l’élevage, et de faire du droit à l’eau une réalité pour tous les citoyens.

Mesdames et Messieurs,

Presque un demi siècle s’est écoulé depuis la réalisation de cette étude capitale pour le développement socio-économique de notre pays et le bien-être de ses populations. Malheureusement, la maîtrise de l’eau est loin d’être réalisée. En particulier le secteur agro-pastoral demeure toujours tributaire des aléas climatiques et le droit à l’eau toujours inaccessible. Il serait fastidieux, dans le cadre du présent meeting, de traiter de la question de la modernisation du secteur agro-pastoral à travers la maîtrise de l’eau notamment pour l’irrigation. Par contre, permettez-moi d’insister, brièvement, sur le droit à l’eau pour tous. Depuis 1990, année de l’instauration du multipartisme dans notre pays, j’ai dû visiter au moins 6000 des 12000 villages administratifs (peut être maintenant 14000, compte tenu de la création, ces dernières années, de nouveaux villages administratifs) que compte notre pays.

Rien que depuis le mois de Septembre 2007, je me suis rendu dans 1000 villages environ. Dans la quasi-totalité des villages visités, un des problèmes parmi les plus récurrents est celui de l’eau, cette denrée rare aussi précieuse que l’or aux yeux des habitants de certains de nos villages. La récurrence de ce problème est telle qu’on peut douter de la crédibilité des statistiques officielles sur les taux de couverture des besoins en eau potable des populations. Des millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Permettez moi d’évoquer la situation de certains de ces villages qui vivent la pénurie ou le manque d’eau potable avec acuité.

Connaissez-vous le cas de ce village où, en guise de douche, les habitants se lavent de leur propre sueur en s’enfermant dans leurs greniers pour y transpirer? Et celui de cet autre village où la corvée d’eau réduit l’espérance de vie des ânes à moins d’un an ? Imaginons alors quelle pourrait être la conséquence de telles corvées d’eau sur l’espérance de vie des femmes, sans ânes, qui y sont astreintes. Pour ces femmes, la corvée d’eau est un calvaire, un véritable chemin de croix. Il nous arrive souvent de les croiser sur le chemin ou au bord des marres ou au bord des puits à faible débit, l’air hagard, couvertes de boue, épuisées, éreintées par une corvée digne d’un forçat, une corvée qui commence parfois au premier chant du coq pour se terminer longtemps après le lever du soleil ou qui commence au coucher du soleil pour se terminer tard dans la nuit. C’est ce qu’on appelle le « kaougé ». Celui-ci use des jeunes femmes à tel point qu’elles paraissent être centenaires à l’âge de 20 ans.

Savez-vous que dans certains villages, la préoccupation des parents d’une jeune mariée est non pas de lui assurer l’équipement en lit, matelas et autres draps mais de la doter d’un âne et de bidons pour la corvée d’eau ? Que dire, enfin, de la situation de cet autre village où il nous fut déclaré qu’il existe un conflit entre l’eau et l’école, le père demandant à l’enfant d’aller à l’école pendant que la mère lui ordonne la corvée d’eau ? Par ailleurs, beaucoup de villages étant obligés de s’approvisionner à même les marres, leurs populations sont exposées à des maladies comme le ver de Guinée et le choléra. J’ai encore en mémoire le cas de ce village où on nous présenta une eau boueuse, verdâtre et couleur de banco que les populations tentent de filtrer avec de l’alun. Les risques, pour ces populations, d’être victimes de maladies liées à la consommation d’une telle eau ne sont-ils pas élevés ? Les maladies liées à la consommation de l’eau non potable et le temps consacré à la corvée d’eau entraînent un gaspillage inouï de force de travail et donc constituent un frein à l’accroissement de la production et au développement économique et social du pays. A ce temps perdu viennent s’ajouter celui dû à la corvée du bois et celui consacré au pilage du mil ou du sorgho. Ce gâchis de temps est à la fois une des causes et une des conséquences de notre sous-développement. Voilà une des traductions du cercle vicieux du sous-développement. Par ailleurs la question de l’accès à l’eau potable illustre, de manière cruelle, la rupture d’égalité entre les citoyens et doit être au centre de la lutte contre les disparités et autres inégalités. Elle illustre aussi l’ampleur du crime que commettent ceux qui surfacturent ou font carrément des fausses factures relativement aux contrats de travaux de réalisation d’infrastructures hydrauliques.

Mesdames et Messieurs,

La question de l’eau figure en bonne place dans le programme du PNDS-TARAYYA dont un des objectifs est de garantir, à nos compatriotes, au moins 500m3 d’eau potable par an et par habitant. Cela nécessitera la réalisation, non pas de simples puits villageois, mais de forages profonds avec des systèmes de transferts et d’interconnexions de réseaux entre plusieurs villages. Dans les villes, au-delà de la mise en place de simples bornes fontaines à l’échelle des quartiers, notre objectif est : une famille, un robinet. Notre pays a les moyens d’une telle ambition mais ces moyens sont souvent dissipés à travers les surfacturations et autres fausses factures qui alimentent et entretiennent la corruption. Pour mieux illustrer mon propos, je voudrais prendre l’exemple de la gestion de la communauté urbaine de Tahoua. Quand notre parti a pris la direction de la gestion de cette ville, en 2004, son budget annuel était à peine de 600 millions de FCFA car les recettes, du fait de la mauvaise gestion, étaient faibles pour des raisons faciles à imaginer. Il nous avait été indiqué aussi que les autorités municipales, qui avaient géré la ville pendant les 20 années précédentes, n’avaient réalisé, pour citer un exemple, que 200m de pavés sur fonds propres. Je dis bien 200m pavés en 20 ans ! Aujourd’hui, après seulement 4 années de gestion, le budget de la ville a été porté à 1,5 milliards grâce à l’effort d’amélioration des recettes municipales. L’amélioration de l’efficacité de la dépense a permis, quant à elle, de réaliser 6500m de pavés sur fonds propres et 1000m de pavés grâce à la coopération décentralisée. Cela veut dire qu’en 4 ans, nos réalisations sur fonds propres, dans ce domaine, sont plus de 32 fois supérieures à celles des gestions précédentes pendant 20ans. En plus, des classes ont été construites, des puits ont été creusés, des bornes fontaines ont été installées, des arbres ont été plantés et entretenus etc.. Ce qui a été réalisé à l’échelle de la ville de Tahoua donne une idée de ce qui est réalisable à l’échelle nationale si les deniers publics sont bien gérés. Si, en plus, on tient compte des bonnes perspectives économiques annoncées pour le pays, le Niger pourra garantir non seulement le droit à l’eau pour tous au cours des prochaines années, mais aussi réaliser les autres objectifs du millénaire pour le développement et même quitter le groupe des pays les moins avancés (PMA) pour rejoindre celui des pays à revenus intermédiaires. Cela exige, bien sûr, que les citoyens nigériens prennent eux-mêmes leur responsabilité.

Mesdames et Messieurs,
Avec l’aide de Dieu, l’occasion sera bientôt offerte à chaque citoyen de prendre ses responsabilités en glissant dans l’urne son bulletin de vote. Par cet acte, chaque citoyen mettra son sort et celui de ses enfants entre de bonnes ou de mauvaises mains. Chaque citoyen détient dans ses mains les clés du vrai changement dont le pays a besoin. En particulier, les femmes qui subissent l’humiliante corvée d’eau ont entre leurs mains l’instrument d’une sanction qui peut les libérer des corvées signalées plus haut. Le bulletin de vote est l’instrument de leur émancipation. D’ailleurs, pour que l’expression de leur volonté ne soit pas détournée, notre parti se bat dès maintenant pour que le nouveau fichier électoral, en cours d’élaboration, soit fiable et crédible Déjà nous avons dû remettre en cause le recensement électoral opéré dans certaines communes qui ont enregistré un nombre d’inscrits supérieur à celui de leurs populations. Des concertations menées entre partis politiques, au niveau bilatéral comme au niveau du Conseil National du Dialogue Politique (CNDP), ont permis de corriger les dérives constatées. Néanmoins notre parti doit être vigilant, plus vigilant que par le passé afin de contrecarrer les tentatives de fraude qui ne manqueront pas de surgir dans les autres phases du processus électoral. Je sais que je peux compter sur votre mobilisation pour cette tâche. Votre participation massive au présent meeting le prouve. Je vous remercie de votre grande mobilisation. J’apprécie cette ferveur militante que je lis sur vos visages. Je sens votre détermination. Je sens que vous êtes prêts au combat décisif. Je sens que vous êtes totalement engagés. Je connais votre volonté indomptable et votre courage, cette volonté et ce courage qui vous ont maintenus debout même dans les situations les plus désespérées. Au-delà du PNDS, je perçois le même engagement au niveau des militants des partis alliés de la CFD. Permettez-moi de les saluer et de les remercier. Je salue et je remercie également les représentants des autres partis politiques. Avec l’aide de Dieu nous vaincrons !

VIVE LE PNDS-TARAYYA !
VIVE LA CFD !
VIVE LE NIGER !


Le: 24/01/09
Déclaration du CEN PNDS sur le "TAZARTCHE" au Niger Discours du President Mahamadou Issoufou (18ème anniversaire)