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PNDS-TARAYYA Siège


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Président MAHAMADOU Issoufou
Le Niger dans l'Afrique

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PNDS-TARAYYA
Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme

Solidarité, Démocratie, Travail

POUR UN NIGER DEMOCRATIQUE, UNI ET PROSPERE

 
 
DISCOURS PRONONCE PAR LE CAMARADE MAHAMADOU ISSOUFOU A L’OCCASION DU 19ème ANNIVERSAIRE DU PNDS-TARAYYA

MESDAMES ET MESSIEURS LES REPRESENTANTS DES PARTIS POLITIQUES ET DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE,



MILITANTES ET MILITANTS DE LA COORDINATION DES FORCES POUR LA DEMOCRATIE ET LA REPUBLIQUE (CFDR),


MILITANTES ET MILITANTS DU PNDS-TARAYYA,



Permettez-moi, avant tout, de vous présenter, à l’orée de cette année 2010, mes meilleurs vœux de bonne et heureuse année.

Permettez-moi également d’avoir une pensée émue pour tous ceux de nos camarades et amis qui ne sont pas aujourd’hui avec nous. Je pense en particulier à notre grand ami, mon grand frère MOUMOUNI ADAMOU DJERMAKOYE, Président fondateur de l’ANDP-Zaman Lahya, tombé sur le champ d’honneur de la démocratie un certain 14 Juin 2009.

Je voudrais également présenter mes condoléances consternées aux familles des militaires récemment tombés sur le champ d’honneur à Telemcèss, ainsi qu’à celles des ressortissants Saoudiens, tués à Djambala.

MESDAMES ET MESSIEURS,


Le 19ème anniversaire du PNDS-TARAYYA se déroule à un moment où notre pays est plongé dans une crise politique injustement et délibérément voulue par un seul homme : M. TANJA MAMADOU. A l’occasion de la cérémonie du 18ème anniversaire de la création de notre parti, organisée à Maradi le 4 Janvier 2009, je disais, on s’en souvient : «...Ces derniers temps, des assauts répétés sont portés contre la loi fondamentale notamment contre certaines de ses dispositions pour lesquelles « aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie ». Dans la foulée, des appels sont lancés au Président de la République pour qu’il viole son serment sous le prétexte qu’il doit terminer les chantiers en cours, comme si la construction d’une nation n’est pas un chantier permanent qui ne connaîtra jamais de fin.
L’entreprise du 21 Décembre 2008 est une opération illégale à laquelle nous nous opposerons avec vigueur et sans la moindre concession….». Déjà le 18 Novembre 2008, soit environ trois semaines après la cérémonie de la pose de la première pierre de la raffinerie de Zinder, je formulais la même position dans une note adressée à M. Tanja. Toutes ces mises en garde se sont avérées vaines car M. Tanja était, dès le départ, à la base de toutes les manœuvres pour la remise en cause de l’ordre démocratique.

MESDAMES ET MESSIEURS,


Depuis le 4 Mai 2009, date à laquelle M Tanja était sorti du bois pour dire publiquement son intention de se maintenir au pouvoir, il a été dit et écrit, sur la crise politique ainsi déclenchée, beaucoup de choses à l’intérieur comme à l’extérieur du Niger. Je voudrais insister ici sur les valeurs de notre société et les violations massives dont elles ont fait l’objet à l’occasion de cette entreprise d’usurpation du pouvoir. La société nigérienne réprouve la vantardise (« yabon kai jahilchi »), l’arrogance et l’orgueil (« girman kai rawanin tchiya »), le mensonge, la perfidie, la dissimulation, la trahison, l’ingratitude, la violation du serment et de la parole donnée, la vénalité et la cupidité (« kwadaye mankontchin wahala »). Par contre, elle encourage les vertus comme la sagesse, l’humilité, la droiture, l’honneur et le respect de la parole donnée.

C’est pourquoi, contre les vices portés aux nues par une minorité, une majorité écrasante de citoyens s’est, fort heureusement, dressée, apportant ainsi la preuve que notre société reste globalement saine. C’est, du reste, parce que l’immense majorité des nigériens reste attachée à ces vertus que le référendum du 4 Août a connu le retentissant échec que l’on sait. C’est l’attachement à ces mêmes vertus qui explique l’abstention massive enregistrée à l’occasion des élections législatives et municipales organisées dans les conditions frauduleuses que l’on sait. Ainsi, sur le socle de ces vertus majoritairement partagées par notre peuple, la soi- disant refondation de la République, cette offre publique d’achat (OPA) au franc symbolique lancée sur le pays et ses ressources par M. Tanja et qui lui permet de parler de « son » Niger, de «son » uranium et de « son » pétrole, ne peut avoir de base : en effet sans fondation solide parce qu’elle a tourné le dos aux vertus cardinales de notre société, elle ne peut, inch’Allah, que s’effondrer. Mais je sais que pour Tanja morale privée et morale publique sont deux choses différentes, je sais que c’est pour cette raison qu’il a déclaré à Diffa que la « politique, c’est l’art de mentir », comme pour signifier que le mensonge, vice privé, peut être classé dans la catégorie des vertus publiques. « La politique, c’est l’art de mentir », cette petite phrase est une des clés de lecture du comportement politique de Tanja. Selon cette conception politique, l’aspiration à diriger une société autorise à mentir. Selon cette même conception, un dirigeant politique est affranchi de toute contrainte morale.

MESDAMES ET MESSIEURS,


Il peut paraître paradoxal qu’un homme, que la politique a élevé au niveau de responsabilité le plus élevé, la dévalorise au point de l’assimiler au mensonge. En réalité, le paradoxe n’est qu’apparent, car en portant une telle appréciation sur la politique, cet homme reste cohérent dans la poursuite de ses objectifs : en effet, susciter l’indifférence des citoyens, les détourner de l’action publique, leur inspirer un dégoût, une aversion de toute participation à la gestion de leurs propres affaires n’ont-ils pas été au centre des préoccupations de tous les despotes que l’histoire a connus ? En cherchant à dévaloriser la politique, M Tanja poursuit son objectif de liquidation de la classe politique et des partis politiques qui constituent à ses yeux les seuls obstacles à la réalisation de son dessein de confiscation de la totalité du pouvoir.

C’est dans ce cadre qu’il faut situer cette déclaration de Diffa. Au lieu de se détourner de l’action publique, les nigériens doivent, au contraire de ce qui leur est suggéré par M Tanja, en investir le champ, beaucoup plus que par le passé. Je voudrais, en particulier, que les jeunes ne l’écoutent pas. Je voudrais qu’ils ne tiennent aucun compte de ses propos. Science de gouvernement, la politique ne saurait être le mensonge. C’est au contraire le métier le plus noble. De son bon ou mauvais exercice dépend la prospérité ou la misère des nations. Par exemple, si notre pays est toujours classé dernier sur le plan de l’indice du développement humain, c’est parce que Tanja a mis en œuvre, dix ans durant, une mauvaise politique.

Par contre, Le PNDS-TARAYYA, à travers sa ligne politique et son programme d’action ainsi que le comportement de ses militants et de ses dirigeants, a une autre conception de la politique. En effet, ma démission du poste de Premier Ministre en 1994, mon refus de répondre à l’appel du Président Baré au lendemain des élections des 7 et 8 Juillet 1996, le comportement de notre parti et de ses militants face à la remise en cause de l’ordre démocratique sous la 4ème République, la reconnaissance de notre défaite après les élections présidentielles de 1999 et de 2004, notre refus de participer au 1er Gouvernement de la 5ème République dans le cadre de la politique de partage et non sur la base d’un programme de gouvernement pour le Niger, le comportement responsable de notre parti tout au long de ces 14 dernières années d’opposition, le refus de participer au Gouvernement après la motion de censure du 31 Mai 2007, le rejet des offres du « tazartché » et le respect de l’engagement, pris à Maradi, le 4 Janvier 2009, de combattre avec détermination cette entreprise de démantèlement des institutions démocratiques, en constituent autant de preuves. Cet itinéraire de notre parti permet donc de dire que les hommes politiques, contrairement à l’idée répandue par certains milieux dont l’objectif est de discréditer la politique, sont loin d’être faits de la même étoffe. Militantes et militants du PNDS-TARAYYA, en ces moments où ceux auxquels la politique a tout donné tentent, par ingratitude, de la couvrir d’opprobre, vous êtes les icônes de la noblesse de la politique. Debout depuis 19 ans, vous êtes assurément indomptables ! Je suis, sachez le encore une fois, fier de vous. Sachez que votre réputation a franchi les frontières nationales et que les échos de votre combat, de votre patience dans l’adversité, de la fidélité à vos valeurs ont fait impression dans beaucoup d’autres pays. Votre parti est souvent cité en exemple sur l’ensemble du continent.

MESDAMES ET MESSIEURS,


"La politique, c’est l art de mentir". Nous remercions M. Tanja d’avoir clairement défini sa ligne politique. Les mandats d’arrêt internationaux lancés contre Mahamane Ousmane, Hama Amadou et moi pour blanchiment d’argent sont, à n’en point douter, une mise en œuvre de cette ligne politique, du reste commune à tous les usurpateurs et autres despotes. En effet, "pour s’élever, un usurpateur abaisse tout". A la fois illégitime et illégal depuis le 21 Décembre 2009, pour se maintenir au pouvoir, M.Tanja doit salir tous les nigériens qui ont quelque vertu. Tâche difficile, car face à lui se dresse la quasi-totalité des citoyens comme l’atteste l’accueil grandiose qui m’a été réservé, le Vendredi 30 Octobre 2009. Indignée, la population de Niamey, convaincue du caractère mensonger des accusations portées contre nous, était sortie massivement, ce jour-là, sans distinction de partis pour crier sa colère contre le régime.

Je voudrais, à nouveau, l’en remercier et lui demander et, au-delà, demander à tous les Nigériens de garder l’espoir et de se convaincre qu’aucun dictateur ne parviendra à réduire à la servitude un peuple mobilisé pour la défense de sa liberté. Mais la mobilisation ne peut être efficace que dans l’organisation. Cette organisation existe, investissez-là. Cette organisation, c’est la Coordination des Forces pour la Démocratie et la République (CFDR) dont je salue ici les dirigeants et les militants. La CFDR, dont le Front pour la Défense de la Démocratie ( FDD ) est une composante importante, vaincra avec l’aide de Dieu et sa plus grande victoire sera, à la sortie cette crise, de rester unie et de réhabiliter la politique à travers la mise en place d’une nouvelle gouvernance au service exclusif du peuple nigérien.

MESDAMES ET MESSIEURS,


Si dans l’instabilité que le pays a connue dans les années 90 tous les acteurs ont leur part de responsabilité, y compris M. Tanja dont on se souvient qu’il était à la tête de l’opposition qui avait saccagé les locaux de l’Assemblée Nationale en 1993, dressé des barricades et brûlé des pneus en 1994 et dont on se souvient aussi de la fameuse phrase « zomon zamani sai karan zamani », si la stabilité connue de 1999 à 2009 a été le fait de tous les acteurs qui ont tiré les leçons de la période précédente- n’en déplaise à celui-là qui , comme à son habitude, s’en approprie seul le mérite alors même que pendant dix ans il n’a pas pu en optimiser les acquis- la crise politique que traverse notre pays aujourd’hui est, par contre, le fait d’un seul homme. Tenir compte de cette vérité première constitue une condition pour en sortir. Les raisons qui ont amené cet homme à prendre seul la responsabilité de mettre fin au climat de démocratie apaisée que connaissait le pays sont bien connues.

Se mettant au-dessus des lois et estimant être le seul digne de commander, il a décidé d’exclure tous les autres en prolongeant, de façon illégale, son 2ème et dernier mandat de trois ans en l’absence de toute compétition et de se tailler une constitution sur mesure. Qu’est-ce qui le fonde à croire qu’il a plus de droits que les autres Nigériens ? Au nom de quoi Tanja peut-i l s’octroyer le droit de retirer aux uns, de fait, leur nationalité et aux autres leur citoyenneté ? Au nom de quoi, les empêche-t-il d’exercer librement leurs droits d’être électeurs et éligibles ? Son bilan de dix ans de gestion ? Certainement pas car, le Niger est toujours dernier selon le classement du PNUD, la corruption s’y est accrue, la concentration de la richesse entre les mains d’une minorité y a aggravé les inégalités, l’insécurité y est partout, y compris dans la proximité de la capitale Niamey et en fin et surtout la démocratie y est remise en cause.

Même si le bilan de Tanja était positif, cela peut-il l’autoriser à mettre fin au processus démocratique, processus dont le renforcement devrait être la première de ses missions ? Si une solution réellement démocratique n’est pas trouvée à cette crise créée, je le répète, par un seul homme, on peut s’attendre à terme au pire des chaos car aucun nigérien n’acceptera qu’on l’ampute de ses droits sous quelque prétexte que ce soit.

La médiation actuellement en cours, sous l’égide de la CEDAO, est l’ultime chance pour notre pays de sortir de cette crise de façon pacifique. Je voudrais réitérer, ici, la confiance de notre parti au Président Abdoussalami Aboubacar et l’assurer de notre soutien.

Je voudrais également réaffirmer tout mon soutien à la délégation de la CFDR à ces négociations, saluer son comportement responsable et rendre hommage à mon frère Amadou Boubacar CISSE qui la dirige avec compétence et sagesse.
Si ces négociations devaient échouer les perspectives économiques, financières et sécuritaires de notre pays, déjà fragilisées par une situation de déficit alimentaire sévère, seront catastrophiques. En effet, notre pays se verra alors à terme priver d’un concours financiers de l’ordre de 1000 milliards de FCFA destinés à construire des infrastructures routières, hydrauliques, sanitaires et scolaires, à lutter contre la pauvreté et même à payer les salaires.

MESDAMES ET MESSIEURS,


L’année 2009 a été une année noire pour la démocratie en Afrique notamment au Niger et en Guinée Conakry où plusieurs dizaines de citoyens manifestant pacifiquement ont été froidement exécutés. Les forces anti-démocratiques qui cherchent à relever la tête se trompent d’époque. La démocratie est désormais une aspiration irrépressible des peuples Africains. Ceux-ci sont prêts au sacrifice suprême pour défendre leur liberté. Les peuples, quand ils savent ce qu’ils veulent, sont invincibles. Je formule les vœux que 2010 puisse enregistrer des avancées démocratiques sur l’ensemble du continent. L’éclaircie qui s’annonce en Guinée nous engage dans cette direction. Au Niger nous assumerons notre part de responsabilité dans ce combat continental.

Joyeux anniversaire aux militantes et militants du PNDS-TARAYYA !


Bonne et heureuse année 2010 au peuple Nigérien !


Victoire aux peuples en lutte pour leur liberté !


JE VOUS REMERCIE !


NIAMEY le 10 JANVIER 201

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Le: 12/01/10
Décalration de la CSD du 21 Décembre 2009 Déclaration de la CFDR sur le Dialogue Inter-Nigerien